À chacun sa baguette

poissonnierSuite à l’article de M Le Duvéhat dans le dernier numéro des « Nouvelles » le journal municipal de Saint Pierre Quiberon, je tiens à apporter quelques précisions concernant la mise en cause d’un conseiller municipal qui aurait favorisé l’installation d’un commerçant. Ces accusations sont très graves car même si le délit de favoritisme ne concerne que les marchés publics, faire ce genre d’allusions est à la limite de la diffamation.
En ce qui concerne le commerce et les commerçants. La municipalité n’a pas la tâche de maintenir l’équilibre entre les commerces comme indiqué dans l’article. Nous ne sommes pas dans une économie administrée et à part quelques commerces comme les débits de boissons qui doivent avoir une autorisation de la préfecture ou les pharmaciens qui sont sous contrôle de l’ARS, la liberté d’installation est totale que ce soit en France, en Bretagne ou à Saint Pierre Quiberon.

Il y a peu de temps, il y avait trois boulangeries à Saint Pierre centre – car c’est bien de la rénovation du « Central Bar » dont on parle – une a fermé en 2013, une nouvelle s’ouvre en 2015.

Evidemment nous avons cherché un poissonnier, ce fut notre première idée, mais aucun de ceux de la presqu’île ou des différents marchés n’a voulu investir à Saint Pierre car il n’y a pas assez de clients l’hiver pour amortir un investissement assez lourd….c’est peut-être pour cela qu’il n’y a plus de poissonnier en centre ville et même à Portivy.

Vu ce premier échec, nous avons décidé de mettre le plus petit local aux normes « médicales » et nous avons passé des annonces (payantes) dans les journaux spécialisés – ophtalmo, podologues, médecine générale – nous n’avons eu qu’un appel d’un médecin qui, pour se rapprocher d’autres activités, voulait s’installer à Saint Pierre mais qui m’a expliqué que ce ne serait pas possible vu qu’il n’y a pas de place de parking devant….il y a une place en face, à 12 mètres…

Ensuite nous avons loué à la saison en 2013 et 2014, notre but étant de louer à l’année pour animer le centre-ville ; quand un boulanger s’est présenté en février 2014 nous avons accepté son offre pour une ouverture à l’hiver 2014. Ce dernier étant parfaitement au courant de la situation du marché et de la concurrence, il a pris le risque.

Nous avons acquis cette maison de ville qui commençait à tomber en ruine, Le Central Bar était inoccupé depuis 2002. Nous y avons investi énormément, en temps et en argent avec un endettement lourd pour y construire deux magasins et un appartement….et c’est notre choix de nous installer ici.

Depuis les deux magasins sont occupés et actifs (dont une entreprise qui a déménagé son siège social à Saint Pierre) et ce sont les seules créations d’activités économiques en centre-ville depuis des années. L’appartement est aussi occupé par une famille à l’année. Là encore c’est un choix délibéré, nous aurions gagné plus d’argent en le louant meublé en saison.

Bilan : deux activités économiques, une famille avec deux enfants (à l’école de SPQ). Plus des projets de créations d’entreprises (en fonction des facilités et/ou aides locales) et enfin au moins 2 emplois directs.

Ne laissons pas croire qu’une municipalité peut décider de l’ouverture ou non de magasins, c’est faux. Il suffit de voir le nombre de magasins fermés en hiver, la mairie n’y peut rien ou presque sauf dans certains cas de villages en voie de désertification où la mairie préempte le dernier magasin d’alimentation pour y mettre un gérant, ce n’est pas le cas de St Pierre. Maintenant, il y a une ancienne poissonnerie rue du Général de Gaulle, j’attends de voir ce que va faire l’équipe municipale pour la ré ouvrir….

Jean-Michel COTTIN

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