Une histoire qui se répète…

En 1957, un nouveau tourisme lié au surf prenait naissance sur la côte basque. A l’époque, des jeunes se baladaient torse nu, cheveux au vent, décontractés, mais attiraient méfiance et dégoût. Les maires des villes et villages côtiers interdisent alors l’activité et pourchassent les surfeurs. On était surtout vus comme des menaces pour le business des baigneurs, estime aujourd’hui Joël de Rosnay

… des troubles à la tranquillité et à l’ordre public. Les Tontons Surfeurs (dont lui) se lancent alors dans une entreprise d’institutionnalisation progressive du surf. Pour pratiquer en paix, il a fallu d’abord cohabiter avec les autres. Pour cela, ils fondent le premier club de surf de France, le désormais célèbre Waikiki Surf Club qui s’installe dans les établissements des Bains de la Côte des Basques. Malgré les nombreux échanges et négociations,  [les] maires étaient sceptiques. Ils chouchoutaient les baigneurs, et nous autorisaient la plage par groupes de trois uniquement. Puis, les surfeurs étrangers se sont faits de plus en plus nombreux. A l’aube des années 60, soit à peine trois ans après la planche de surf laissée par Peter Viertel dans les mains de Joël de Rosnay, le surf devenait une activité en expansion, nourrissant le tissu économique local.

L’histoire se répéterait-elle sur la Presqu’île de Saint Pierre Quiberon ? Plus de 60 ans plus tard en effet, et cela, sans concertation, un arrêté municipal vient d’interdire la dernière plage ouverte aux kitesurfeurs ! La décision est étonnante, particulièrement dans la mesure où elle vient percuter quelques éléments structurants de la nouvelle équipe municipale. Pour autant, ces décalages sont plutôt rassurants quant à un nécessaire changement de cap sur l’utilisation de la « Plage du Moulin Rouge ».

En voici quelques uns :

Participation citoyenne : Quelle concertation dans cette décision unilatérale ?
Est-ce là manière à promouvoir le sports de glisse et nautiques ?
Dès lors que plusieurs modalités de pratique apparaissent sur un même endroit donné, les conflits d’usage sont possibles, ce qui est ici le cas ; tout à fait d’accord, mais pourquoi privilégier une pratique plus qu’une autre ?
La presqu’île de Quiberon peut se féliciter d’avoir un des clubs de kite les plus dynamiques de France : Presqu’île Kitesurf Club dont un des membres du bureau est en charge des Relations Mairies, Zones de kite et Problématiques locales ; N’y a-t-il pas une certaine logique à prendre plusieurs avis avant de choisir de légiférer ?

A relire l’histoire cependant, il y a tout lieu de penser que les kitesurfeurs cohabiteront harmonieusement de nouveau avec les baigneurs et ce, en générant les logiques conflits d’usage plus qu’en les exacerbant. Les récentes déclarations de Madame le Maire de Saint Pierre Quiberon dans la presse sont de nature à une prise en compte plus concertée des différents usages de la Plage du Château Rouge.

En savoir plus sur l’histoire des surfeurs de Biarritz en consultant l’article de France Info, ici

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